L’agriculture syntropique en pépinière de fruitier

Table des matières

Houe maraichere pepiniere variété ancienne

1. Introduction : Qu’est-ce que la permaculture ?

1.1 Origine de la permaculture

La permaculture est née dans les années 1970 en Australie, grâce à l’initiative de Bill Mollison et David Holmgren. Son nom vient de la contraction de « permanent » et « agriculture », signifiant une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. Ces deux chercheurs ont observé les pratiques agricoles conventionnelles et leur impact néfaste sur la terre. Ils ont donc cherché à créer un système plus durable qui imiterait les processus naturels pour générer des produits tout en préservant l’écosystème. L’idée centrale est de concevoir des environnements humains dans lesquels l’agriculture, l’habitat et la gestion des ressources naturelles sont en harmonie.

1.2 Les principes de base de la permaculture

La permaculture repose sur un certain nombre de principes de conception qui visent à reproduire les équilibres naturels. Elle met l’accent sur la diversification, l’intégration des éléments du système et la réduction des besoins externes. Parmi les principes fondamentaux, on trouve la gestion de l’eau, la culture de variétés adaptées à son environnement, et l’utilisation des ressources locales pour créer des systèmes autosuffisants et résilients.

1.3 Objectifs de la permaculture

Les objectifs de la permaculture sont multiples. Ils visent à créer des systèmes agricoles et des modes de vie qui sont à la fois écologiques, productifs et durables. Cela implique une gestion responsable de l’eau, de la terre et des ressources énergétiques, tout en respectant la biodiversité. L’objectif est d’assurer une autonomie alimentaire, tout en réduisant au maximum l’impact écologique des pratiques agricoles.

1.4 Les bases fondamentales : Autonomie, résilience et respect des écosystèmes

La permaculture repose sur trois grands principes :

  • Autonomie : L’idée est de réduire la dépendance aux ressources extérieures en utilisant des ressources locales et naturelles, comme l’eau de pluie, le compost ou l’énergie solaire.

  • Résilience : Créer des systèmes capables de résister aux perturbations, qu’elles soient climatiques ou économiques, en utilisant la diversité et l’interconnexion des éléments du système.

  • Respect des écosystèmes : Travailler avec la nature plutôt que contre elle, en préservant la biodiversité et en favorisant les cycles naturels.

2. La syntropie : Un complément à la permaculture

2.1 Définition de la syntropie et ses origines

La syntropie, un concept développé par l’agronome Ernst Götsch dans les années 1980, pourrait être considérée comme une approche régénérative de l’agriculture, particulièrement dans les environnements tropicaux. Elle se fonde sur l’observation des écosystèmes naturels, où la biodiversité et les cycles naturels permettent de créer un équilibre dynamique. Bien que l’agriculture syntropique soit encore un sujet en évolution, elle pourrait promettre une régénération des sols en améliorant leur fertilité de manière continue et sans nécessiter d’importants apports externes.

Selon les partisans de la syntropie, elle mettrait en avant un processus d’aggradation des milieux, c’est-à-dire une amélioration progressive de la qualité des sols et de l’écosystème. En s’appuyant sur des pratiques naturelles comme l’agroforesterie et la gestion de la biomasse locale, l’agriculture syntropique pourrait offrir une alternative à la permaculture en réduisant la dépendance aux matières organiques importées. Toutefois, il est important de souligner que, bien que ces promesses soient fascinantes, elles n’ont pas encore été confirmées par des études scientifiques larges et rigoureuses.

2.2 Pourquoi l’agriculture syntropique pourrait être perçue comme un complément à la permaculture

La syntropie pourrait, en théorie, venir compléter la permaculture en apportant une solution plus autonome à la gestion des matières organiques. En effet, l’un des défis majeurs de la permaculture est la gestion des ressources, et notamment des matières organiques, qui nécessite souvent des apports externes (compost, fumier, etc.). La l’agriculture syntropique, quant à elle, promettrait de favoriser l’aggradation des milieux sans avoir besoin d’importer de grandes quantités de matière organique. Selon certains experts, la méthode syntropique pourrait permettre de maintenir une fertilité des sols par la gestion des cycles biologiques naturels, notamment grâce à des associations de plantes et des systèmes agroforestiers.

Toutefois, cette approche, bien que théoriquement avantageuse, n’a pas encore été validée sur le terrain à grande échelle. Les systèmes syntropiques sont encore peu étudiés et leurs effets sur la durabilité à long terme demeurent incertains. Si l’agriculture syntropique semble offrir un complément à la permaculture en matière de gestion autonome des sols, il serait important de rester prudent quant à son efficacité réelle et sa capacité à remplacer les pratiques agricoles traditionnelles.

2.3 La gestion des matières organiques : Aggradation des milieux sans import

L’un des principaux avantages revendiqués de la syntropie, en comparaison avec la permaculture, serait sa capacité à aggrader les milieux de manière autonome, sans nécessiter l’importation constante de matières organiques. Ce principe repose sur l’idée que, par la gestion adéquate des cultures, des résidus organiques, et des écosystèmes locaux, il serait possible de maintenir un sol fertile sans recourir aux apports extérieurs comme c’est le cas dans la permaculture.

Les partisans de l’agriculture syntropique expliquent que des pratiques telles que l’introduction de cultures en couches superposées et l’agroforesterie pourraient favoriser un enchevêtrement de racines et de matières organiques dans le sol, permettant ainsi une décomposition naturelle qui nourrirait le sol. Selon eux, ces processus aideraient à régénérer le sol sans avoir besoin de fertilisants externes, réduisant ainsi les coûts et l’impact environnemental des intrants.

Cependant, il est important de souligner que cette gestion des matières organiques dans la syntropie n’est pas encore pleinement prouvée. Si elle semble prometteuse, de nombreuses questions demeurent quant à sa capacité à maintenir la fertilité du sol à long terme sans recours aux matières organiques importées. En l’absence d’études scientifiques robustes, il serait prudent d’adopter une approche critique vis-à-vis de cette promesse de régénération autonome des sols.

En résumé, bien que l’agriculture syntropique puisse théoriquement apporter des solutions intéressantes pour compléter la permaculture, elle reste encore à l’étape de l’expérimentation et nécessite des recherches approfondies pour confirmer ses bénéfices à long terme, notamment en ce qui concerne la gestion des matières organiques et la régénération des écosystèmes agricoles.

3. La question des études sur la permaculture et la syntropie

3.1 Le manque d’études scientifiques sur la permaculture et la syntropie

Bien que la permaculture et l’agriculture syntropique soient deux approches agricoles prometteuses, force est de constater qu’elles manquent encore de données scientifiques solides et de recherches rigoureuses pour appuyer leur efficacité à long terme. La permaculture, par exemple, a été développée dans les années 1970 et est maintenant largement pratiquée à travers le monde. Cependant, il existe encore un manque de grandes études scientifiques systématiques qui valident ses principes et ses méthodes dans des contextes variés. Les recherches existantes sur la permaculture sont souvent basées sur des expériences locales, des témoignages d’agriculteurs, ou des études de cas individuelles, mais elles manquent de contrôle scientifique rigoureux et de groupe témoin pour en faire des références universelles.

La syntropie, quant à elle, est encore une discipline relativement jeune, développée principalement par l’agronome Ernst Götsch dans les années 1980. La recherche sur l’agriculture syntropique en tant qu’approche agricole reste très limitée, et bien que de nombreuses études anecdotiques existent, elles sont souvent non vérifiées et manquent de rigueur scientifique. En conséquence, il est difficile d’évaluer objectivement l’efficacité de la syntropie par rapport à des pratiques agricoles plus conventionnelles, ou même par rapport à la permaculture, sur le long terme et dans différents types de sols et climats.

3.2 Pourquoi il est important de prendre ces pratiques avec un esprit critique

Le manque d’études scientifiques rigoureuses sur la permaculture et l’agriculture syntropique rend crucial l’adoption d’un esprit critique face à ces pratiques. Même si de nombreux défenseurs de ces approches avancent des résultats positifs, comme une meilleure santé des sols, une réduction de l’utilisation des intrants externes et une régénération des écosystèmes, il est essentiel de se rappeler qu’aucune étude à grande échelle et contrôlée n’a encore confirmé ces bénéfices dans des conditions variées et sur des périodes longues.

L’absence de groupes témoins et de méthodologies standardisées dans les recherches existantes rend difficile la comparaison objective de ces pratiques avec des systèmes agricoles conventionnels ou d’autres alternatives. De plus, l’expérience d’un individu ou d’un groupe ne peut pas être généralisée à l’échelle globale, notamment lorsqu’il s’agit de conditions climatiques, de types de sol, ou d’autres variables environnementales qui peuvent fortement influencer les résultats.

C’est pourquoi il est primordial de rester ouvert tout en maintenant une approche critique vis-à-vis des pratiques de permaculture et de l’agriculture syntropique. Bien que ces méthodes aient des avantages théoriques, il est nécessaire de continuer à tester et à valider ces approches sur le terrain. Les données scientifiques concrètes manquent encore, ce qui signifie qu’il est trop tôt pour affirmer leur efficacité de manière définitive.

En conclusion, bien que la permaculture et la syntropie offrent des perspectives intéressantes pour l’agriculture durable, leur efficacité doit être davantage étudiée et validée scientifiquement. Il est donc crucial d’adopter une position équilibrée, d’être conscient des limites actuelles des connaissances disponibles et de toujours garder un esprit critique en évaluant ces pratiques.

4. Le temps de travail dans la permaculture et l’agriculture syntropique

4.1 Temps nécessaire pour mettre en place des systèmes en permaculture et syntropie

La mise en place de systèmes agricoles en permaculture ou en syntropie nécessite un investissement initial en temps qui peut être considérable. Ces approches ne sont pas des solutions rapides, et leur efficacité prend souvent plusieurs années avant d’être pleinement observée. La conception d’un système de permaculture, par exemple, implique une planification minutieuse de l’utilisation des espaces, des plantations, des interactions entre les différentes espèces et des processus écologiques. Cela demande de la réflexion, des ajustements et des expérimentations qui prennent du temps. De même, l’agriculture syntropique, qui repose sur la régénération et l’aggradation des sols par l’introduction progressive de diverses couches végétales et d’une gestion des matières organiques, demande une période de transition où l’on doit observer les effets et ajuster les pratiques.

Ces deux approches, bien qu’elles semblent prometteuses, requièrent une planification poussée et une compréhension fine des écosystèmes. Ce processus peut donc être chronophage dans les premières années. Les systèmes ne sont pas immédiatement opérationnels, et la mise en place de la structure nécessaire pour favoriser l’équilibre écologique et la fertilité des sols prend du temps. Cela est d’autant plus pertinent dans un contexte amateur ou dans des potagers, où le rythme est plus lent comparé aux systèmes agricoles professionnels où l’on cherche une rentabilité rapide.

4.2 L’intensité du travail dans les premières années de mise en place

Dans les premières années d’installation d’un système en permaculture ou en syntropie, l’intensité du travail peut rapidement être élevée. Ce sont des pratiques qui demandent une gestion attentive des sols, de la biodiversité et des interactions entre les différents éléments. Dans un système de permaculture, par exemple, l’entretien des sols et des plantes est crucial pour établir un équilibre entre les divers éléments. Au début, il est nécessaire d’apporter des amendements organiques, de semer des couverts végétaux pour protéger le sol, et de gérer les mauvaises herbes tout en évitant les intrants chimiques.

De même, la syntropie, avec son principe de régénération progressive des sols, nécessite une gestion active des matières organiques, un enherbement adapté et des rotations régulières. Ces actions sont particulièrement exigeantes pendant les premières années, car les écosystèmes ne sont pas encore établis, et l’arbre ou la plante doit s’adapter à son nouvel environnement. Ce travail semble difficile à réduire, notamment à cause de la diversité des actions à mettre en place (introduction de variétés, taille, lutte contre les ravageurs, gestion des ressources, etc.).

4.3 Plus pertinent dans un potager que dans un système professionnel

Il est important de noter que la permaculture et l’agriculture syntropique, telles qu’elles sont actuellement mises en pratique, semblent plus pertinentes et gérables dans un contexte de petit jardin ou de potager plutôt que dans des systèmes agricoles professionnels. Le temps de travail, bien que significatif, reste compatible avec une échelle plus réduite où l’objectif est de produire de manière durable et écologique pour une consommation personnelle ou locale. En revanche, dans un cadre agricole professionnel, la gestion du temps devient un critère crucial. Les systèmes agricoles conventionnels sont déjà très exigeants en termes de travail, et ajouter des pratiques comme la permaculture ou la syntropie peut rendre le système difficilement rentable à court terme.

De plus, dans le cadre professionnel, la concurrence est grande, et les producteurs doivent souvent se concentrer sur l’efficacité et la rentabilité, ce qui peut être difficile à concilier avec les exigences de la permaculture et de l’agriculture syntropique. L’intensité du travail en agriculture conventionnelle, associée à des besoins de production rapide et à des cycles courts, semble parfois incompatible avec les pratiques longues et lentes de la permaculture ou de la syntropie. Toutefois, ces pratiques pourraient être envisagées comme un complément dans des systèmes plus diversifiés et moins centrés sur la rentabilité immédiate, comme les fermes agroécologiques ou les projets expérimentaux.

5. Pourquoi je ne me revendique pas de la permaculture ou de la syntropie

Un des aspects les plus délicats dans l’adoption des pratiques de permaculture et de syntropie réside dans l’absence de cahiers des charges clairs et officiels pour ces approches. Contrairement au label bio, qui est régi par des critères stricts et vérifiables, la permaculture et l’agriculture syntropique ne disposent pas de normes universelles permettant de certifier leur application. En permaculture, chaque installation et chaque concept peuvent être interprétés de manière différente selon les individus et les contextes. Il n’existe pas de « label permaculture » ou « label agriculture syntropique » reconnu officiellement, ce qui laisse place à une certaine subjectivité dans la définition de ce qui relève ou non de ces pratiques.

Cela entraîne un flou qui peut prêter à confusion. Par exemple, il est possible de trouver des personnes revendiquant des méthodes « permaculturelles » tout en appliquant des pratiques qui n’en font pas réellement partie, ou qui en sont très éloignées. La permaculture, dans ce contexte, devient plus une philosophie qu’un ensemble de règles claires et rigides. Il en va de même pour l’agriculture syntropique, qui est souvent considérée comme une méthode d’agriculture régénérative, mais sans critères précis permettant de vérifier si un système est vraiment syntropique ou non.

C’est pour cette raison que je ne me revendique pas de la permaculture ou de la syntropie : sans un cadre clairement défini et validé par des études scientifiques ou des pratiques validées, il est impossible de garantir que l’on respecte réellement les principes de ces approches. Cela peut parfois frôler la publicité mensongère, notamment lorsque des pratiques incomplètes ou mal comprises sont vendues comme étant conformes à la permaculture ou à l’agriculture syntropique. Selon moi, la transparence sur les méthodes utilisées est primordiale, et c’est pourquoi je préfère me concentrer sur des pratiques respectueuses de l’environnement sans m’inscrire dans un label qui ne fait pas encore l’objet d’une reconnaissance officielle et réglementée.

6. Mes pratiques : Respect de l’environnement et réflexion personnelle

Bien que je ne me revendique pas des étiquettes de permaculture ou de syntropie, mes pratiques agricoles sont néanmoins respectueuses de l’environnement et visent à intégrer des principes écologiques dans mon quotidien. Voici quelques-unes des méthodes que j’utilise, qui contribuent à un système durable sans prétendre s’ancrer dans un cadre théorique spécifique comme la permaculture ou l’agriculture syntropique.

Utilisation d’engrais organiques :

  • Afin d’enrichir naturellement le sol, j’utilise des engrais organiques, comme du compost, des fumiers et autres amendements biologiques. Cela permet de nourrir le sol sans recourir à des produits chimiques de synthèse, tout en favorisant la biodiversité microbienne du sol.

Limiter les produits phytosanitaires :

  • J’applique les produits phytosanitaires de manière extrêmement parcimonieuse. Mon approche se concentre sur le choix de variétés résistantes aux maladies, ce qui permet de réduire l’intervention humaine. L’objectif est de maintenir un environnement où les plantes peuvent s’épanouir naturellement, sans avoir à intervenir fréquemment avec des traitements chimiques.

Bande enherbée de légumineuses :

  • Pour améliorer la structure du sol et apporter des éléments nutritifs, je plante des légumineuses en interrang. Ces plantes ont la capacité de fixer l’azote atmosphérique dans le sol, un apport naturel et efficace, tout en favorisant l’enrichissement de la matière organique à travers leur décomposition.

Introduction de volailles :

  • L’intégration de volailles dans le système agricole est une pratique que j’utilise pour diversifier les fonctions de mon écosystème. Elles contribuent à la gestion des insectes et des mauvaises herbes, en plus d’apporter des excréments qui nourrissent le sol. Cette pratique a de multiples intérêts écologiques et permet de maintenir un équilibre naturel sans avoir recours à des produits chimiques.

Conservation des haies :

  • La conservation des haies autour de la parcelle est une autre méthode que j’applique pour encourager la biodiversité. Ces haies jouent un rôle clé dans la régulation du microclimat, en protégeant les cultures contre le vent et en offrant un habitat pour la faune.

Binage manuel :

  • En l’absence de possibilité de paillage dû à la présence de rats taupiers, je privilégie le binage manuel. Cela permet de lutter contre les mauvaises herbes et de garder une terre aérée sans utiliser de machines, réduisant ainsi l’empreinte carbone et la dépendance aux énergies fossiles.

Rotation des cultures :

  • Pour éviter l’épuisement des sols, je pratique la rotation des cultures. Cela permet d’éviter le phénomène de monoculture qui appauvrit les sols et augmente la vulnérabilité aux ravageurs et aux maladies.

Gestion des ravageurs par piégeage :

  1. Au lieu de recourir à des poisons, j’utilise le piégeage pour gérer les ravageurs. Bien que cette méthode demande plus de travail et d’attention, elle préserve la faune sauvage locale (comme les renards et les rapaces), contrairement à l’utilisation de produits chimiques qui nuiraient à l’écosystème.

Utilisation de biostimulants :

  • Pour renforcer la santé de mes plantes, je fais usage de biostimulants naturels comme les purins de plantes. Ces préparations aident à stimuler la croissance des cultures tout en respectant l’équilibre écologique.

Chacune de ces pratiques est pensée pour respecter l’environnement tout en cherchant à maintenir une certaine autonomie et résilience face aux défis de l’agriculture. Si elles ne correspondent pas strictement à la permaculture ou à la syntropie, elles visent tout de même à fonctionner en harmonie avec les écosystèmes locaux et à réduire les impacts négatifs sur la nature.

Enfin, j’encourage chaque lecteur à se faire son propre avis sur ces méthodes et à ne pas se laisser influencer par des tendances ou des labels. Chacun doit pouvoir choisir les pratiques qui lui semblent les plus adaptées à ses besoins, ses valeurs et ses objectifs en matière d’agriculture durable.

7. Conclusion : Une approche respectueuse mais critique

En conclusion, il est essentiel de prendre du recul face aux pratiques agricoles telles que la permaculture et l’agriculture syntropique, tout en reconnaissant qu’elles représentent des démarches intéressantes vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement. La permaculture se distingue par son objectif de créer des systèmes durables et résilients en imitant les écosystèmes naturels. Elle met l’accent sur l’autosuffisance, la réduction des intrants externes et la gestion durable des ressources naturelles. Cependant, la permaculture ne repose sur aucune norme officielle, ce qui peut entraîner des interprétations divergentes de ses principes.

De son côté, la syntropie apparaît comme un complément à la permaculture, visant à améliorer la gestion des matières organiques et à dynamiser la productivité des sols en favorisant l’aggradation des milieux. Bien que la syntropie promet des avantages, comme la régénération rapide des sols sans importation massive de matières organiques externes, il est important de souligner que ces résultats ne sont pas encore suffisamment validés par des études scientifiques. La syntropie, bien que prometteuse, reste en grande partie théorique et manque d’études de long terme pour confirmer ses effets dans des contextes variés.

Le manque d’études scientifiques rigoureuses sur la permaculture et l’agriculture syntropique soulève des questions importantes. Le faible nombre de recherches, l’absence de groupes témoins et la jeunesse de ces pratiques rendent difficile l’établissement de preuves solides quant à leur efficacité. Il est donc primordial d’aborder ces méthodes avec un esprit critique, en évaluant les résultats de manière pragmatique plutôt qu’en se basant sur des idées reçues ou des discours non vérifiés.

Une autre dimension à prendre en compte est le temps de travail nécessaire pour implémenter ces systèmes. Les premières années peuvent être particulièrement exigeantes, surtout dans des systèmes complexes comme ceux qui sont recommandés en permaculture ou en syntropie. Les agriculteurs amateurs ou ceux en quête d’autonomie peuvent constater que le travail est intensif, notamment lors de la mise en place des structures. Pour ceux qui exercent l’agriculture à plus grande échelle, ces méthodes risquent d’être difficiles à intégrer sans un investissement en temps considérable.

Cela nous amène à la question de la réflexion personnelle. Chaque agriculteur ou jardinier doit être en mesure d’évaluer ces pratiques et de les adapter à son contexte spécifique. En l’absence de cahiers des charges clairs et de protocoles de certification, il est crucial d’être réaliste et éclairé dans son choix des pratiques agricoles. Il ne faut pas se laisser emporter par un marketing parfois exagéré autour de ces méthodes, mais plutôt les adopter de manière mesurée et réfléchie, en tenant compte des spécificités locales et des ressources disponibles.

En fin de compte, il est possible de suivre des pratiques respectueuses de l’environnement tout en prenant du recul par rapport aux labels et courants populaires. Cela consiste à adopter des méthodes qui privilégient la santé des sols, la biodiversité et la gestion raisonnée des ressources. Je laisse à chaque lecteur le soin de se faire son propre avis sur la permaculture, l’agriculture syntropique, et d’autres formes d’agriculture durable. L’important est de rester ouvert tout en faisant preuve de discernement, d’exigence et de réalisme face aux défis environnementaux actuels.