Pollinisation des arbres fruitiers : comprendre et éviter les erreurs
Introduction
Table des matières
ToggleVous avez planté un magnifique cerisier il y a 5 ans, il fleurit abondamment chaque printemps, et pourtant… pas un fruit. Ou alors 3 cerises perdues dans le feuillage. Ce scénario, je l’entends au moins une fois par mois. La cause ? Un problème de pollinisation que personne n’avait anticipé au moment de la plantation.
La pollinisation est l’une des questions les plus cruciales et les plus mal comprises en arboriculture fruitière. Beaucoup de jardiniers plantent un arbre isolé sans savoir qu’il a besoin d’un partenaire pour fructifier. D’autres plantent deux variétés incompatibles qui fleurissent à trois semaines d’intervalle. Le résultat : des arbres en bonne santé, une floraison magnifique, mais une récolte décevante ou inexistante.
Je m’appelle Margaux, je cultive des arbres fruitiers en racines nues dans ma pépinière agroécologique d’altitude. Ici, je travaille sans traitements chimiques, avec une fertilisation minimale et raisonnée, des interrangs enherbés de légumineuses et une limitation maximale des énergies fossiles. Mon âne Boby participe même aux travaux légers grâce à la traction animale. Cette approche m’a appris à observer finement la pollinisation : les périodes de floraison, les compatibilités variétales, le rôle des insectes pollinisateurs.
Dans cette page, je vous donne toutes les clés pour comprendre la pollinisation des fruitiers : les mécanismes biologiques, les différences entre espèces, les erreurs fréquentes et comment les éviter. Chaque section renvoie vers des articles détaillés pour approfondir selon vos arbres et votre situation.
Abeille pollinisant un pommier
Comprendre les mécanismes de la pollinisation
Avant de planter, il faut comprendre comment fonctionne la pollinisation chez les arbres fruitiers. Ce n’est pas sorcier, mais quelques notions de base vous éviteront des années de déception.
Le processus de pollinisation expliqué simplement
La pollinisation, c’est le transport du pollen des étamines (organes mâles de la fleur) vers le pistil (organe femelle). Ce pollen doit ensuite germer et féconder l’ovule pour former le fruit et les pépins ou noyaux.
Étapes de la pollinisation :
- Floraison : les fleurs s’ouvrent et exposent leurs organes reproducteurs
- Transport du pollen : par les insectes (abeilles, bourdons) ou le vent
- Dépôt sur le pistil : le pollen se fixe sur le stigmate
- Germination : le grain de pollen émet un tube qui descend vers l’ovule
- Fécondation : fusion du pollen avec l’ovule
- Formation du fruit : l’ovaire se développe en fruit, l’ovule en graine
Ce processus ne prend que quelques jours, mais il conditionne toute votre récolte. Si une seule étape échoue (pas de pollen compatible, pas d’insectes, gel des fleurs, pluie battante), vous n’aurez pas de fruits.
Facteurs favorisant une bonne pollinisation :
- Beau temps pendant la floraison : température douce (12-20°C), pas de pluie battante, peu de vent
- Présence d’insectes pollinisateurs : abeilles domestiques, abeilles sauvages, bourdons
- Pollen viable : le pollen perd sa viabilité en quelques heures à quelques jours selon les espèces
- Compatibilité génétique : certaines variétés refusent le pollen d’autres variétés
Auto-fertilité vs auto-stérilité : la distinction fondamentale
C’est la notion la plus importante à comprendre avant de planter.
Variété auto-fertile (ou auto-compatible) :
Une variété auto-fertile peut fructifier avec son propre pollen. Elle n’a pas strictement besoin d’un autre arbre pour produire. Un seul arbre isolé donnera des fruits.
Exemples d’espèces généralement auto-fertiles :
- Pêchers (la plupart des variétés)
- Abricotiers (la plupart des variétés)
- Pruniers (beaucoup de variétés, mais pas toutes)
- Certaines variétés de cerisiers (minorité)
Variété auto-stérile (ou auto-incompatible) :
Une variété auto-stérile refuse son propre pollen. Elle a absolument besoin du pollen d’une autre variété compatible pour fructifier. Un arbre isolé ne donnera jamais de fruits, même s’il fleurit abondamment.
Exemples d’espèces généralement auto-stériles :
- Cerisiers (majorité des variétés)
- Pommiers (majorité des variétés)
- Poiriers (majorité des variétés)
- Nashis (poiriers japonais)
- Noisetiers (système particulier)
Auto-fertilité partielle :
Certaines variétés sont partiellement auto-fertiles : elles peuvent fructifier seules mais produisent beaucoup mieux en présence d’un pollinisateur. C’est le cas de nombreux pruniers et de quelques pommiers.
En pratique à la pépinière :
Dans mes fiches produits, j’indique systématiquement si la variété est auto-fertile ou si elle nécessite un pollinisateur. C’est l’information la plus importante pour éviter les déceptions. Je vois trop souvent des gens qui achètent un seul cerisier Burlat (auto-stérile) et s’étonnent de n’avoir aucune cerise 5 ans plus tard.
Floraison d’un pêcher rubira, en plus d’être ornementale, sa pollinisation améliore la qualité des fruits des autres pêchers.
Le rôle essentiel des insectes pollinisateurs
Sans insectes pollinisateurs, pas de pollinisation efficace, donc pas de fruits. Les abeilles (domestiques et sauvages), les bourdons et d’autres insectes transportent le pollen de fleur en fleur en butinant.
Pourquoi les insectes sont indispensables :
- Ils visitent des dizaines de fleurs par minute, assurant un brassage du pollen
- Ils transportent le pollen entre arbres différents (pollinisation croisée)
- Ils sont actifs même par temps nuageux (contrairement au vent qui transporte peu)
- Certaines fleurs (cerisiers, pommiers) ne s’ouvrent que par temps doux favorable aux insectes
Conditions idéales pour l’activité des pollinisateurs :
- Température supérieure à 12°C
- Absence de pluie battante et de vent fort
- Floraison abondante et accessible
- Diversité florale autour du verger (haies, prairies fleuries)
Comment favoriser les pollinisateurs dans votre verger :
- Planter des haies mellifères (aubépine, prunellier, saules)
- Créer des bandes fleuries entre les arbres
- Installer des hôtels à insectes et nichoirs
- Ne jamais traiter pendant la floraison
- Laisser fleurir les interrangs enherbés
Dans ma pépinière d’altitude, les abeilles et bourdons sont particulièrement actifs : ils profitent de l’enherbement permanent entre les rangs, des légumineuses qui fleurissent, des haies champêtres. Cette biodiversité fonctionnelle assure une pollinisation optimale sans intervention de ma part.
Dans le verger, les pissenlits fleurissent abondamment. C’est une plante très mellifère, parfois même au point de faire concurrence aux fruitiers, car les abeilles les préfèrent souvent aux fleurs des arbres. Mais pour moi, c’est surtout un avantage : ces fleurs attirent les pollinisateurs dans le verger. Une fois la floraison des pissenlits terminée, les insectes se tournent naturellement vers les arbres fruitiers.
Pollinisation des fruitiers à pépins
Les fruitiers à pépins (pommiers, poiriers, nashis, cognassiers) sont majoritairement auto-stériles. Ils nécessitent une organisation spécifique pour garantir la pollinisation croisée.
Pommiers : presque tous auto-stériles
La très grande majorité des variétés de pommiers sont auto-stériles. Un pommier isolé ne donnera que quelques fruits, voire aucun, même s’il fleurit magnifiquement.
Règles de base pour la pollinisation des pommiers :
- Planter au minimum 2 variétés différentes
- Vérifier qu’elles fleurissent en même temps (groupes de floraison compatibles)
- Respecter une distance maximale de 50 mètres entre les arbres
- Éviter certaines combinaisons incompatibles (rares mais existantes)
Groupes de floraison chez les pommiers :
Les variétés sont classées en 5 groupes selon leur période de floraison :
- Groupe 1 : très précoce (rare en France métropolitaine)
- Groupe 2 : précoce (mi-avril)
- Groupe 3 : moyenne (fin avril)
- Groupe 4 : tardive (début mai)
- Groupe 5 : très tardive (mi-mai)
Pour assurer la pollinisation, choisissez deux variétés du même groupe ou de groupes adjacents (2+3, 3+4, etc.). Un pommier du groupe 2 et un du groupe 5 auront peu de chances de se polliniser : ils ne fleuriront pas en même temps.
Exceptions : quelques pommiers auto-fertiles :
Certaines variétés sont partiellement auto-fertiles et peuvent produire seules, bien que la production soit améliorée par un pollinisateur :
- Reine des Reinettes : auto-fertile partielle
- Granny Smith : auto-fertile partielle
- Golden Delicious : auto-fertile partielle
Même pour ces variétés, je recommande toujours de planter un pollinisateur pour maximiser la production.
En pratique à la pépinière :
Quand un client commande un seul pommier, je lui demande systématiquement s’il a d’autres pommiers à proximité (dans son jardin, chez le voisin, dans la haie). Si non, je l’oriente vers une deuxième variété compatible ou vers une variété partiellement auto-fertile.
→ Pour aller plus loin : L’article pommiers autofertiles ou pollinisés : comment choisir (lien à ajouter) détaille les groupes de floraison, les meilleures associations variétales et les cas particuliers.
Poiriers : encore plus exigeants
Les poiriers sont généralement plus difficiles à polliniser que les pommiers. Non seulement ils sont presque tous auto-stériles, mais certaines combinaisons variétales sont incompatibles même si elles fleurissent en même temps.
Spécificités de la pollinisation des poiriers :
- Auto-stérilité quasi-générale : presque aucune variété n’est auto-fertile
- Incompatibilités croisées : certaines variétés refusent mutuellement leur pollen
- Floraison précoce : risque de gel des fleurs, manque d’insectes actifs
- Pollen peu viable : se dégrade rapidement, nécessite une pollinisation rapide
Groupes d’incompatibilité chez les poiriers :
Certains poiriers partagent le même groupe d’incompatibilité et ne peuvent pas se polliniser entre eux. Par exemple :
- Williams et Louise Bonne d’Avranches : incompatibles
- Conférence et Beurré Hardy : compatibles
Il faut donc vérifier non seulement la période de floraison mais aussi les compatibilités génétiques.
Règles pour réussir la pollinisation des poiriers :
- Planter au minimum 2-3 variétés différentes
- Vérifier les compatibilités croisées (tableaux disponibles)
- Privilégier des variétés reconnues pour bien polliniser (Williams, Conférence)
- Favoriser les insectes pollinisateurs (floraison précoce, peu d’abeilles actives)
Variétés pollinisatrices universelles :
Certaines variétés pollinisent bien la majorité des autres poiriers :
- Williams : excellent pollinisateur
- Conférence : bon pollinisateur
- Beurré Hardy : bon pollinisateur
En pratique à la pépinière :
Je conseille toujours de planter au moins 3 poiriers si possible, pour sécuriser la pollinisation. Deux poiriers peuvent suffire, mais si l’un des deux ne fleurit pas une année (gel, stress), vous n’aurez pas de récolte. Trois variétés compatibles garantissent une pollinisation même les années difficiles.
→ Pour aller plus loin : Mon article pollinisation des poiriers : erreurs à éviter (lien à ajouter) détaille les tableaux de compatibilité, les meilleures associations et les solutions pour les petits jardins.
→ Voir les variétés : Consultez mes poiriers disponibles avec les informations de compatibilité pour chaque variété.
Nashis et cognassiers : cas particuliers
Nashis (poiriers japonais) :
Les nashis (Pyrus pyrifolia) sont des poiriers asiatiques qui produisent des fruits ronds, croquants et juteux. Ils suivent les mêmes règles de pollinisation que les poiriers européens : auto-stérilité et besoin de pollinisateurs compatibles.
Particularité des nashis :
- Peuvent parfois être pollinisés par des poiriers européens
- Se pollinisent entre eux s’ils fleurissent en même temps
- Nécessitent au minimum 2 variétés
Cognassiers :
Les cognassiers sont généralement auto-fertiles : un seul arbre suffit pour avoir des fruits. Cependant, la production est souvent améliorée en présence de plusieurs variétés.
→ Découvrir les nashis : Retrouvez mes nashis disponibles avec leurs besoins en pollinisation détaillés.
Pollinisation des fruitiers à noyaux
Les fruitiers à noyaux (cerisiers, pruniers, abricotiers, pêchers) présentent des comportements très variés en matière de pollinisation. Certaines espèces sont auto-fertiles, d’autres strictement auto-stériles.
Cerisiers : majorité auto-stérile
Les cerisiers sont parmi les fruitiers les plus délicats en matière de pollinisation. La majorité des variétés sont auto-stériles, et en plus, elles sont souvent incompatibles entre elles.
Système d’incompatibilité des cerisiers :
Les cerisiers possèdent un système complexe d’incompatibilité génétique. Ils sont classés en groupes d’incompatibilité (I à XVI). Deux variétés du même groupe ne peuvent pas se polliniser mutuellement.
Exemples de groupes d’incompatibilité :
- Groupe III : Burlat, Van, Rainier → incompatibles entre eux
- Groupe IV : Napoléon, Hedelfingen → incompatibles entre eux
- Groupe XII : Reverchon, Summit → incompatibles entre eux
Pour polliniser correctement, il faut planter des variétés de groupes différents.
Cerisiers auto-fertiles : une minorité précieuse :
Quelques variétés de cerisiers sont auto-fertiles et peuvent produire seules :
- Stella
- Lapins
- Sunburst
Ces variétés sont très pratiques pour les petits jardins où l’on ne peut planter qu’un seul cerisier. Cependant, même ces variétés produisent mieux en présence d’un pollinisateur.
Règles pour réussir la pollinisation des cerisiers :
- Identifier le groupe d’incompatibilité de chaque variété
- Planter au minimum 2 variétés de groupes différents
- Privilégier des variétés à floraison simultanée
- Ou choisir une variété auto-fertile si vous ne pouvez planter qu’un arbre
En pratique à la pépinière :
Les cerisiers sont l’espèce pour laquelle je reçois le plus de questions sur la pollinisation. Beaucoup de gens achètent un Burlat (groupe III, auto-stérile) sans savoir qu’il lui faut absolument un partenaire compatible. Je leur conseille alors soit de planter un deuxième cerisier (Reverchon groupe XII par exemple), soit de vérifier s’il y a des cerisiers dans le voisinage.
→ Pour aller plus loin : Mon article cerisiers autofertiles : avantages et limites (lien à ajouter) compare les variétés auto-fertiles et auto-stériles, et vous guide dans votre choix selon votre situation.
→ Voir les variétés : Découvrez mes cerisiers disponibles avec les groupes d’incompatibilité indiqués pour chaque variété.
Une belle récolte de cerise… si on oublie que le cerisier en question a plus de 30 ans ! Sans voisin, il ne peut compter que sur la pollinisation de merisier, bien insuffisant pour avoir un fructification abondante.
Pruniers : souvent auto-fertiles mais pas toujours
Les pruniers sont plus faciles que les cerisiers : beaucoup de variétés sont auto-fertiles ou partiellement auto-fertiles. Mais attention, certaines sont strictement auto-stériles.
Variétés de pruniers auto-fertiles :
- Reine-Claude d’Oullins : auto-fertile
- Mirabelle de Nancy : auto-fertile
- Quetsche d’Alsace : auto-fertile
- Prune d’Ente : auto-fertile
Variétés de pruniers auto-stériles :
- Reine-Claude Dorée : nécessite un pollinisateur
- Reine-Claude Violette : nécessite un pollinisateur
Même auto-fertile, mieux vaut un pollinisateur :
Même pour les variétés auto-fertiles, la présence d’un pollinisateur améliore souvent la nouaison (formation des fruits) et la régularité de production. Si vous avez la place pour 2-3 pruniers, n’hésitez pas.
En pratique à la pépinière :
Les pruniers sont généreux et faciles. Je recommande souvent de planter au moins deux variétés pour étaler la récolte (Mirabelle précoce, Reine-Claude moyenne, Quetsche tardive) et profiter de la pollinisation croisée qui améliore la qualité et le calibre des fruits.
→ Pour aller plus loin : L’article pollinisation des fruitiers à noyaux expliquée (lien à ajouter) détaille les spécificités de chaque espèce (cerisiers, pruniers, abricotiers, pêchers).
Abricotiers et pêchers : généralement auto-fertiles
Les abricotiers et pêchers sont les fruitiers les plus simples en matière de pollinisation : la majorité des variétés sont auto-fertiles.
Abricotiers :
- Presque toutes les variétés sont auto-fertiles
- Un seul arbre suffit pour avoir des fruits
- La pollinisation croisée améliore parfois le calibre
Pêchers :
- Toutes les variétés courantes sont auto-fertiles
- Un seul arbre suffit
- Pas de besoin de pollinisateur
Cas particuliers :
Quelques variétés anciennes d’abricotiers peuvent être partiellement auto-stériles, mais c’est rare. En cas de doute, vérifiez la fiche variétale.
Cas particulier : la pollinisation des noisetiers
Les noisetiers ont un système de pollinisation unique parmi les fruitiers : ils sont monoïques (fleurs mâles et femelles sur le même arbre) mais auto-stériles. Ils nécessitent donc absolument la présence d’un autre noisetier compatible.
Comprendre la pollinisation des noisetiers
Fleurs mâles (chatons) :
Les fleurs mâles sont les longs chatons pendants qui apparaissent en janvier-février. Ils libèrent des nuages de pollen transporté par le vent.
Fleurs femelles :
Les fleurs femelles sont minuscules, rouge vif, cachées dans les bourgeons. Elles sont réceptives au pollen pendant plusieurs semaines en plein hiver.
Pollinisation anémophile :
Les noisetiers sont pollinisés par le vent, pas par les insectes. Le pollen est transporté sur plusieurs centaines de mètres. Mais attention : le pollen d’un noisetier ne peut pas féconder ses propres fleurs femelles.
Règles pour la pollinisation des noisetiers :
- Planter au minimum 2 variétés différentes
- Vérifier qu’elles libèrent leur pollen en même temps
- Respecter une distance de moins de 100 mètres
- Éviter les variétés du même groupe d’incompatibilité
Groupes de compatibilité chez les noisetiers :
- Fertile de Coutard : bon pollinisateur universel
- Nottingham : bon pollinisateur
- Merveille de Bollwiller : nécessite un pollinisateur
Certaines variétés sont de bons pollinisateurs universels (libèrent beaucoup de pollen compatible), d’autres sont plus difficiles.
En pratique à la pépinière :
Je recommande toujours de planter au moins 3 noisetiers de variétés différentes pour sécuriser la pollinisation. Les noisetiers prennent peu de place (on peut les conduire en touffe ou en haie) et produisent abondamment une fois bien installés.
→ Pour aller plus loin : Mon article noisetier : pollinisation, mâles et femelles expliqués (lien à ajouter) détaille tout le système de pollinisation, avec des photos des fleurs mâles et femelles, et les meilleures associations variétales.
→ Voir les variétés : Consultez mes noisetiers disponibles avec leurs groupes de compatibilité.
Les erreurs fréquentes en matière de pollinisation
Après des années à conseiller des planteurs, je vois revenir les mêmes erreurs. Les voici, avec les solutions pour les éviter.
Erreur n°1 : planter un seul arbre auto-stérile
C’est l’erreur la plus fréquente : acheter un seul cerisier Burlat, un seul pommier Reinettes grise du canada, un seul poirier Triomphe de Vienne, et attendre des fruits qui ne viendront jamais.
Solution :
- Avant d’acheter, vérifiez si la variété est auto-fertile ou auto-stérile
- Si auto-stérile, plantez au minimum 2 variétés compatibles
- Ou vérifiez s’il existe des arbres pollinisateurs à proximité (voisins, haies, vergers)
Erreur n°2 : planter des variétés incompatibles
Planter deux cerisiers du même groupe d’incompatibilité, deux poiriers incompatibles, ou des arbres qui ne fleurissent pas en même temps.
Solution :
- Consultez les tableaux de compatibilité avant d’acheter
- Vérifiez les groupes de floraison (précoce, moyen, tardif)
- En cas de doute, demandez conseil à votre pépiniériste
En pratique à la pépinière :
Sur mes fiches produits, j’indique toujours les pollinisateurs compatibles recommandés.
Erreur n°3 : planter trop loin les uns des autres
Un pommier à 100 mètres de son pollinisateur ne recevra presque aucun pollen. Les abeilles ont un rayon d’action limité, surtout par temps frais.
Solution :
- Respectez une distance maximale de 50 mètres entre arbres à polliniser
- Dans les grands vergers, alternez les variétés plutôt que de les regrouper par bloc
Erreur n°4 : ne pas favoriser les pollinisateurs
Pas d’insectes = pas de pollinisation, même si vous avez les bonnes variétés.
Solution :
- Plantez des haies mellifères
- Créez des bandes fleuries
- Ne traitez jamais pendant la floraison
- Installez des hôtels à insectes
- Laissez fleurir les interrangs enherbés
Erreur n°5 : compter sur un arbre sauvage trop éloigné
« J’ai un pommier sauvage dans la haie à 200 mètres, ça suffira. » Non, c’est trop loin, et en plus il ne fleurit peut-être pas en même temps que votre variété.
Solution :
- Si vous comptez sur un arbre existant, vérifiez qu’il fleurit en même temps que le vôtre
- Mesurez la distance réelle (pas plus de 50 m)
- En cas de doute, plantez un vrai pollinisateur
Floraison d’un poirier marguerite marillat en préparation.
Organiser la pollinisation dans son verger
Maintenant que vous comprenez les mécanismes, voici comment organiser concrètement la pollinisation dans votre verger selon sa taille.
Petit jardin (2-5 arbres)
Dans un petit jardin, chaque arbre compte. Il faut optimiser la pollinisation avec le minimum d’arbres.
Stratégie recommandée :
- Option 1 : choisir des espèces auto-fertiles (pêchers, abricotiers, certains pruniers)
- Option 2 : planter 2 pommiers ou 2 cerisiers compatibles
- Option 3 : mixer espèces auto-fertiles + espèces nécessitant pollinisation si assez de place
Exemple pour 4 arbres :
- 2 pommiers compatibles (groupe 3 + groupe 3 ou 4)
- 1 prunier auto-fertile (Reine-Claude d’Oullins)
- 1 cerisier auto-fertile (Sweetheart) ou 1 pêcher
Verger moyen (10-20 arbres)
Avec 10-20 arbres, vous pouvez organiser une vraie diversité tout en assurant la pollinisation de chaque espèce.
Stratégie recommandée :
- 4-6 pommiers (3-4 variétés différentes compatibles)
- 3-4 poiriers (3 variétés compatibles)
- 2-3 cerisiers (variétés de groupes différents ou 1 auto-fertile + autres)
- 2-3 pruniers (variétés échelonnées, auto-fertiles de préférence)
- 1-2 abricotiers ou pêchers
- 1 cognassier
Alternez les variétés pour que chaque arbre ait un pollinisateur proche.
En pratique à la pépinière :
Pour ce type de verger, j’aide mes clients à construire un plan de plantation qui assure la pollinisation tout en échelonnant les récoltes. C’est le format idéal : assez grand pour être diversifié, assez petit pour être gérable.
Grand verger (30 arbres et plus)
Dans un grand verger, la pollinisation se gère par blocs ou par alternance de variétés.
Stratégie recommandée :
- Planter les variétés en quinconce (alternance) plutôt qu’en blocs homogènes
- Assurer au moins 3-4 variétés compatibles par espèce
- Prévoir des haies mellifères en bordure et en coupe-vent
- Laisser des bandes enherbées fleuries entre les rangs
Organisation spatiale :
- Rangs mixtes : variété A – variété B – variété A – variété B
- Ou blocs avec pollinisateurs tous les 3-4 rangs
- Distance entre pollinisateurs : 30-40 m maximum
Conclusion : la pollinisation, clé de voûte du verger
La pollinisation est invisible, silencieuse, mais absolument déterminante pour la récolte. C’est elle qui fait la différence entre un arbre qui fleurit magnifiquement sans jamais donner un fruit, et un arbre qui ploie sous les récoltes chaque année.
Comprendre les besoins de chaque espèce, choisir les bonnes associations variétales, respecter les distances, favoriser les insectes pollinisateurs : ce sont des décisions simples mais structurantes qui conditionnent le succès de votre verger pour les 30 ans à venir.
Cette page vous a donné les principes généraux : auto-fertilité et auto-stérilité, spécificités par espèce, erreurs courantes, organisation spatiale. Pour approfondir selon vos arbres, consultez les articles détaillés :
- Pommiers autofertiles ou pollinisés : comment choisir (lien à ajouter)
- Pollinisation des fruitiers à noyaux expliquée (lien à ajouter)
- Cerisiers autofertiles : avantages et limites (lien à ajouter)
- Pollinisation des poiriers : erreurs à éviter (lien à ajouter)
- Pollinisation des fruitiers à pépins expliquée simplement (lien à ajouter)
- Noisetier : pollinisation, mâles et femelles expliqués (lien à ajouter)
Si vous êtes prêt à choisir vos arbres en tenant compte de la pollinisation, retrouvez sur ma boutique d’arbres fruitiers toutes les variétés disponibles avec leurs besoins en pollinisation détaillés : pommiers, poiriers, cerisiers, nashis, noisetiers.
Ne plantez jamais un arbre fruitier sans vous poser la question de la pollinisation. C’est la garantie d’un verger généreux, d’une floraison qui se transforme en fruits, d’arbres qui remplissent la promesse de leur plantation. Prenez le temps de bien choisir vos associations variétales : c’est l’investissement le plus rentable que vous puissiez faire pour votre verger.
Catégories d’arbres par espèce :
- Pommiers : groupes de floraison et compatibilités
- Poiriers : tableaux de compatibilité détaillés
- Cerisiers : groupes d’incompatibilité et variétés auto-fertiles
- Nashis : pollinisation croisée avec poiriers
- Noisetiers : variétés pollinisatrices recommandées


