Arbres fruitiers en racines nues : avantages, reprise et bonnes pratiques
Introduction
Table des matières
ToggleVous hésitez entre un arbre fruitier en pot et un arbre en racines nues ? Vous vous demandez si ces racines apparentes ne rendent pas la reprise plus difficile ? Ou peut-être avez-vous déjà planté des arbres en racines nues et cherchez à comprendre pourquoi certains reprennent mieux que d’autres ?
Cette page est conçue pour démystifier les arbres fruitiers en racines nues et vous montrer pourquoi cette méthode ancestrale reste, aujourd’hui encore, la plus pertinente pour créer un verger durable et résilient. Je m’appelle Margaux, je cultive des arbres fruitiers en racines nues dans ma pépinière agroécologique d’altitude. Ici, je travaille sans traitements chimiques, avec une fertilisation minimale, des interrangs enherbés de légumineuses et une limitation maximale des énergies fossiles. Mon âne Boby participe même aux travaux légers grâce à la traction animale.
Mes arbres grandissent en pleine terre, exposés aux variations climatiques réelles, ce qui leur permet de développer un système racinaire naturel, ramifié et profond. Cette rusticité acquise en pépinière se transmet directement dans votre verger : meilleure reprise, meilleure résilience, meilleure longévité.
Dans cette page, je vous donne une vision d’ensemble des arbres en racines nues : leurs avantages concrets, les mécanismes de reprise, les gestes essentiels à la plantation, et les réponses aux problèmes les plus fréquents. Chaque section renvoie vers des guides détaillés pour approfondir les aspects techniques.
Arbres en jauge sous serre, pas pour les protéger des conditions climatiques mais pour lutter contre les attaques de rats taupier !
Pourquoi choisir des arbres fruitiers en racines nues ?
Les arbres en racines nues ont accompagné la création de vergers pendant des siècles, bien avant l’apparition des conteneurs plastiques. Ce n’est pas un hasard : cette méthode présente des avantages agronomiques, économiques et écologiques majeurs.
Des racines qui se développent naturellement
Un arbre cultivé en racines nues pousse en pleine terre dans la pépinière, sans conteneur qui limite ou déforme son système racinaire. Ses racines se développent librement en profondeur et latéralement, créant une architecture équilibrée.
À l’inverse, un arbre en pot voit souvent ses racines tourner en spirale contre les parois du conteneur, créant un « chignon racinaire ». Même après plantation, ces racines continuent parfois à tourner sur elles-mêmes au lieu de coloniser le sol, ce qui compromet la stabilité et la nutrition de l’arbre.
Avantages du système racinaire en racines nues :
- Racines rayonnantes : se développent naturellement dans toutes les directions
- Chevelu racinaire abondant : multitude de radicelles pour l’absorption d’eau et de nutriments
- Pas de déformation : aucun « tournage » contre une paroi artificielle
- Adaptation rapide : les racines colonisent rapidement le sol après plantation
En pratique, j’observe systématiquement que mes arbres en racines nues, une fois plantés, explorent le sol en profondeur dès la première année. Ils deviennent rapidement autonomes en eau et en nutriments.
Une reprise souvent supérieure aux arbres en pots
Contrairement à une idée reçue, les arbres en racines nues reprennent généralement mieux que les arbres en conteneur, à condition d’être plantés au bon moment et avec les bons gestes.
La raison est simple : lors de l’arrachage en pépinière, les racines sont taillées proprement, ce qui stimule l’émission de nouvelles radicelles. L’arbre « redémarre » son système racinaire, créant un chevelu neuf et vigoureux adapté au sol de destination.
Un arbre en pot, lui, dispose déjà de racines mais elles sont souvent compactées, abîmées ou tournées. Leur transition vers le sol en place est parfois lente et difficile.
En pratique à la pépinière :
Mes arbres sont arrachés en novembre, pendant leur repos végétatif. Cette dormance est essentielle : l’arbre supporte sans stress la transplantation et consacre toute son énergie à refaire des racines dès que les conditions sont favorables. Je constate chaque année des taux de reprise supérieurs à 99% quand les arbres sont plantés correctement.
→ Pour aller plus loin : Mon article Racines nues ou en pots : quel choix pour votre verger ? compare en détail les deux méthodes avec des retours d’expérience terrain et des chiffres de reprise.
Des avantages économiques et écologiques indéniables
Au-delà de l’aspect agronomique, les arbres en racines nues présentent des atouts qui comptent :
Économiquement :
- Prix plus accessible : 30 à 50% moins cher qu’un arbre en pot de taille équivalente
- Transport simplifié : plus léger, moins volumineux, moins de frais de livraison
- Stockage facile : peut être mis en jauge quelques semaines si besoin
Écologiquement :
- Zéro plastique : aucun conteneur, aucun déchet plastique à gérer
- Moins de substrat : pas de tourbe ou de terreau industriel nécessaire
- Moins de transport : volume réduit = moins d’émissions CO₂
- Moins d’arrosage : en pépinière, l’arbre en pleine terre nécessite peu d’irrigation contrairement aux pots
Dans ma pépinière, cette logique s’inscrit parfaitement dans ma démarche agroécologique : limiter les intrants, réduire l’empreinte carbone, travailler avec le vivant et non contre lui. Les arbres en racines nues sont cohérents avec un modèle de production respectueux du sol et du climat.
→ Approfondir le sujet : L’article sur pourquoi choisir les racines nues (article à venir) détaille tous les avantages comparés et vous aide à faire un choix éclairé selon votre projet.
Comprendre les mécanismes de reprise
La reprise d’un arbre fruitier, c’est sa capacité à reformer rapidement un système racinaire fonctionnel après la transplantation. Comprendre ce processus permet d’optimiser vos gestes de plantation et d’éviter les erreurs fatales.
La phase critique : les premières semaines
Après la plantation, l’arbre entre dans une période critique de 4 à 8 semaines pendant laquelle il doit reconstituer son système racinaire. Durant cette phase, il ne peut pas encore absorber efficacement eau et nutriments : il vit sur ses réserves.
Ce qui se passe sous terre :
- Cicatrisation des racines taillées (1-2 semaines)
- Émission de nouvelles radicelles (2-4 semaines)
- Début de l’exploration du sol (4-6 semaines)
- Reprise effective de l’absorption (6-8 semaines)
Si les conditions sont favorables (sol frais, température douce, pas de stress hydrique), ce processus se déroule naturellement. En revanche, un sol gelé, trop sec, trop compact ou une plantation tardive en fin de printemps compromettent la reprise.
Facteurs clés de réussite :
- Plantation en période de dormance : novembre à mars hors gel
- Sol meuble et aéré : les radicelles ont besoin d’oxygène
- Contact intime terre-racines : arrosage copieux à la plantation
- Protection contre le dessèchement : paillage épais autour du pied
En pratique, les échecs de reprise sont presque toujours liés à une plantation hors saison, à un manque d’arrosage initial ou à un sol trop compact non préparé.
Le rôle essentiel de l’eau à la plantation
L’eau n’est pas seulement un élément nutritif : elle est le liant qui assure le contact entre les racines et la terre. Un arbre planté sans arrosage, même en hiver, aura du mal à reprendre.
Pourquoi arroser abondamment à la plantation :
- Éliminer les poches d’air : l’eau chasse l’air entre les racines et le sol
- Coller la terre aux racines : assure un contact immédiat pour l’absorption
- Stimuler l’activité racinaire : l’humidité déclenche l’émission de radicelles
- Créer une réserve initiale : l’arbre dispose d’eau pendant la cicatrisation
Je recommande systématiquement 10 à 20 litres d’eau par arbre le jour de la plantation, même si le sol paraît humide. Cet arrosage « de plantation » est différent de l’arrosage d’entretien : il s’agit de bien tasser la terre, pas d’arroser pour nourrir.
En pratique à la pépinière :
Mes arbres passent leur vie en pépinière sans irrigation systématique après la première année. Ils apprennent à chercher l’eau en profondeur, à gérer les périodes de stress hydrique léger. Cela les rend autonomes rapidement une fois plantés chez vous, mais l’arrosage initial reste indispensable pour démarrer la reprise.
→ Pour aller plus loin : Mon article Arrosage et implantation des arbres fruitiers détaille les quantités, fréquences et techniques d’arrosage selon les saisons et le type de sol.
L’importance de la période de plantation
La réussite de la reprise dépend directement du respect de la fenêtre de plantation. Les arbres en racines nues ne se plantent que pendant leur repos végétatif complet, entre la chute des feuilles et le débourrement des bourgeons.
Période optimale en France métropolitaine :
- Automne : novembre à décembre (sol encore chaud, pluies naturelles)
- Fin d’hiver : février à mi-mars (avant le réveil printanier)
À éviter absolument :
- Plantation en pleine sève (avril à octobre) : stress majeur, reprise très incertaine
- Plantation sur sol gelé : impossible de tasser la terre, racines exposées au froid
- Plantation tardive (avril) : l’arbre démarre en végétation avant d’avoir fait des racines
En altitude, là où je cultive mes arbres, je privilégie les plantations de fin février à mi-mars pour éviter les grands froids de janvier. En plaine ou dans le sud, novembre-décembre est idéal : le sol est chaud et les pluies automnales assurent l’arrosage naturel.
Les gestes essentiels pour réussir sa plantation
Planter un arbre en racines nues ne s’improvise pas. Quelques gestes simples mais précis font toute la différence entre un arbre qui démarre vigoureusement et un arbre qui végète.
Préparer l’arbre avant plantation
Dès réception de vos arbres, certaines préparations sont nécessaires pour optimiser la reprise.
Habillage des racines :
Taillez proprement les extrémités des racines abîmées, cassées ou trop longues. Cette taille stimule l’émission de nouvelles radicelles. Utilisez un sécateur propre et affûté pour obtenir des coupes nettes, jamais déchirées.
Pralinage :
Trempez les racines dans un mélange épais de terre fine, d’eau et éventuellement de compost mûr. Ce « pralin » enrobe les racines, maintient l’humidité et favorise le contact avec le sol.
Recette simple de pralin :
- 1/3 terre argileuse fine (tamisée)
- 1/3 compost bien décomposé
- 1/3 eau
- Consistance : pâte à crêpe épaisse
Le pralinage n’est pas obligatoire mais améliore significativement la reprise, surtout si vos arbres ont voyagé ou sont restés quelques jours sans terre autour des racines.
Mise en jauge temporaire :
Si vous ne pouvez pas planter immédiatement (gel annoncé, terrain pas prêt), mettez vos arbres en jauge : creusez une tranchée, couchez les arbres, recouvrez les racines de terre meuble. Ils peuvent attendre ainsi plusieurs semaines sans problème.
Mise en jauge des porte-greffes, en pleine terre. Possible dans un sol limoneux, sableux, mais très difficile dans des sols argileux.
Préparer le trou de plantation
Le trou de plantation conditionne l’installation de l’arbre pour les années à venir. Un trou bien préparé = une reprise rapide et vigoureuse.
Dimensions recommandées :
- Largeur : 60 à 80 cm de diamètre (large plutôt que profond)
- Profondeur : 40 à 50 cm, en fonction de la longueur des racines
- Fond du trou : ameubli à la fourche-bêche sans retourner les horizons du sol
Préparation du sol :
Décompactez bien le fond et les parois du trou. Les racines doivent pouvoir coloniser facilement le sol environnant. Si votre sol est très argileux, apportez un peu de compost mûr mélangé à la terre d’origine, mais jamais de terreau pur qui créerait une poche trop différente du sol en place.
Point de greffe :
Repérez le point de greffe (bourrelet visible sur le tronc) : il doit se trouver 5 à 10 cm au-dessus du niveau final du sol. Un point de greffe enterré favorise les maladies et peut annuler l’effet du porte-greffe.
Planter et sécuriser l’arbre
Le jour de la plantation, organisez-vous pour travailler efficacement et éviter que les racines ne sèchent à l’air libre.
Étapes de plantation :
- Positionner l’arbre : racines bien étalées, jamais pliées ou recroquevillées
- Vérifier la hauteur : point de greffe bien au-dessus du niveau du sol
- Reboucher progressivement : ajouter la terre par petites quantités en tassant légèrement
- Former une cuvette : créer une petite cuvette autour du tronc pour retenir l’eau
- Arroser abondamment : 10 à 20 litres pour bien coller la terre aux racines
- Pailler généreusement : 10 à 15 cm de paille, foin, BRF autour du pied (sans toucher le tronc)
Tuteurage :
Pour les arbres basse-tige, demi-tige ou en terrain venté, un tuteur peut être nécessaire la première année. Plantez-le obliquement pour ne pas blesser les racines, et attachez l’arbre avec un lien souple en forme de 8 pour éviter les frottements.
En pratique à la pépinière :
Un tuteur est placé afin de repérer les greffes prisent, mais l’attachage n’est pas systématique. Chez moi, ils sont soumis à des vents très régulièrement, parfois violent, ce qui renforce le tronc. Ils arrivent chez vous déjà habitués à tenir debout seuls, mais un tuteur reste utile la première année pour stabiliser l’arbre en attendant que les racines colonisent le sol.
Accompagner la première année de reprise
La première année après plantation est décisive. L’arbre doit refaire ses racines, s’adapter à son nouvel environnement et résister aux premiers stress climatiques. Quelques gestes simples assurent cette transition.
Surveiller l’arrosage selon la saison
Un arbre planté en automne ou en hiver bénéficie généralement des pluies naturelles et nécessite peu d’interventions. En revanche, si le printemps suivant est sec, il faut arroser régulièrement.
Fréquence d’arrosage la première année :
- Hiver (décembre-février) : arrosage à la plantation uniquement, sauf sécheresse hivernale exceptionnelle
- Printemps (mars-mai) : arroser 1 fois par semaine si absence de pluie (10-15 litres/arbre)
- Été (juin-août) : arroser 1 à 2 fois par semaine en période sèche (15-20 litres/arbre)
- Automne (septembre-novembre) : réduire progressivement, laisser les pluies prendre le relais
L’objectif est de maintenir le sol frais sans excès : un sol détrempé en permanence asphyxie les racines. Le paillage maintenu autour du pied limite considérablement les besoins en arrosage.
Signes de manque d’eau :
- Feuilles qui ramollissent en journée
- Jaunissement précoce du feuillage
- Arrêt de la croissance des pousses
Dès la deuxième année, un arbre bien installé devient beaucoup plus autonome. Il cherche l’eau en profondeur et supporte les périodes de sécheresse modérée sans intervention.
→ Pour aller plus loin : L’article Arrosage et implantation vous donne des repères précis selon votre type de sol, votre climat et la saison.
Maintenir le paillage et limiter la concurrence
Le paillage autour du tronc est l’un des gestes les plus importants pour favoriser la reprise. Il remplit plusieurs fonctions essentielles :
Bénéfices du paillage :
- Maintien de l’humidité : limite l’évaporation, réduit les besoins en arrosage
- Régulation thermique : protège les racines du gel en hiver, de la chaleur en été
- Suppression de la concurrence herbacée : l’herbe autour du tronc entre en compétition pour l’eau et les nutriments
- Apport de matière organique : le paillage se décompose et nourrit le sol progressivement
Matériaux de paillage adaptés :
- Paille, foin (15 cm d’épaisseur)
- BRF (Bois Raméal Fragmenté) récent (10 cm)
- Feuilles mortes (20 cm, se tassent rapidement)
- Tonte de gazon séchée (5-10 cm, en couches fines successives)
Attention : le paillage ne doit jamais toucher directement le tronc, pour éviter les risques de pourriture ou l’installation de rongeurs. Laissez un espace de 5 à 10 cm autour du collet.
Ma première année de test en pépinière, des plants bien paillés sur un terrain exempt de rat taupier.
Observer et détecter les problèmes précocement
La première année, observez régulièrement vos arbres pour détecter d’éventuels problèmes avant qu’ils ne s’aggravent.
Signes d’une bonne reprise :
- Débourrement vigoureux au printemps (bourgeons qui gonflent et éclatent)
- Pousses de l’année longues et bien feuillées (20 à 50 cm selon l’espèce)
- Feuillage vert foncé, sain, sans jaunissement
- Absence de dessèchement de branches
Signes d’alerte :
- Bourgeons qui ne débourrent pas ou très tardivement (avril-mai)
- Pousses faibles, courtes, feuilles pâles
- Dessèchement de rameaux ou de branches entières
- Feuillage clairsemé, jaunissant prématurément
Si vous constatez ces signes, plusieurs causes sont possibles : problème racinaire (mauvaise reprise, racines abîmées), incompatibilité de greffe, sol inadapté, stress hydrique sévère, maladie.
→ Diagnostic complet : Mon article Mauvaise pousse d’un fruitier : causes et solutions détaille toutes les causes possibles et les solutions à apporter selon les symptômes observés.
Répondre aux questions fréquentes
Après des années à cultiver et vendre des arbres en racines nues, je reçois régulièrement les mêmes questions. Voici les réponses aux interrogations les plus courantes.
« Mes arbres n’ont pas de terre autour des racines, est-ce normal ? »
Oui, c’est exactement le principe des arbres en racines nues : les racines sont complètement libres de toute terre ou substrat. C’est ce qui permet un système racinaire sain, non déformé, et une reprise optimale.
Les racines peuvent paraître impressionnantes ou fragiles, mais c’est normal. L’important est qu’elles soient souples, non cassées, et de couleur claire à l’intérieur (signe de fraîcheur). Des racines noircies, molles ou qui sentent mauvais indiquent un problème.
« Puis-je planter en dehors de novembre-mars ? »
Non, la plantation hors de la période de dormance (novembre à mars) compromet sérieusement la reprise. Un arbre en racines nues planté en avril ou mai alors qu’il a déjà commencé à végéter subit un stress majeur : il doit simultanément produire des feuilles ET refaire des racines. Le taux d’échec est très élevé.
Si vous avez raté la fenêtre de plantation, mieux vaut mettre vos arbres en jauge ou en gros pots temporaires et attendre l’automne suivant.
« Combien de temps un arbre peut-il rester en racines nues avant plantation ? »
Un arbre en racines nues ne doit pas rester à l’air libre. Dès réception, plantez-le rapidement (idéalement dans les 48h) ou mettez-le en jauge si vous ne pouvez pas planter tout de suite.
En jauge (racines enterrées dans une tranchée), un arbre peut attendre plusieurs semaines sans problème, à condition que la terre soit maintenue fraîche.
« Faut-il tailler mon arbre à la plantation ? »
Cela dépend de la forme souhaitée et de l’état de l’arbre. En général, je recommande de limiter la taille à la plantation :
- Supprimer les branches cassées ou abîmées
- Équilibrer légèrement la ramure si elle est très asymétrique
- Ne pas tailler sévèrement : l’arbre a besoin de ses réserves pour refaire des racines
La vraie taille de formation se fait plutôt à la fin de la première année, une fois que l’arbre est bien installé.
« Mon arbre ne pousse pas la première année, est-ce grave ? »
Pas nécessairement. Certains arbres consacrent leur première année à refaire des racines et produisent peu de pousses aériennes. C’est particulièrement vrai pour les arbres plantés tardivement (mars) ou dans des sols difficiles.
Si l’arbre débourre normalement au printemps, produit des feuilles saines même en petite quantité, et ne montre pas de dessèchement, c’est qu’il s’installe tranquillement. La croissance vigoureuse viendra l’année suivante.
En revanche, un arbre qui ne débourre pas du tout ou très partiellement nécessite un diagnostic : problème racinaire, incompatibilité de greffe, stress sévère.
Vers une autonomie durable
L’objectif d’un arbre en racines nues bien planté, c’est qu’il devienne rapidement autonome : il puise son eau en profondeur, il trouve ses nutriments dans le sol, il résiste aux stress climatiques, il produit pendant des décennies.
L’autonomie racinaire à partir de la deuxième année
Dès la deuxième année, un arbre correctement installé devient beaucoup moins dépendant de vos interventions. Son système racinaire a colonisé plusieurs mètres cubes de sol et il peut gérer seul la plupart des situations.
Ce qu’un arbre autonome sait faire :
- Chercher l’eau en profondeur pendant les périodes sèches
- Trouver les nutriments nécessaires dans le sol (azote, phosphore, potassium, oligo-éléments)
- Résister aux variations climatiques (gel, canicule, vent)
- Réguler sa production selon les conditions de l’année
Cette autonomie n’est possible que si l’arbre a été cultivé et planté dans une logique de rusticité. Un arbre qui a grandi « sous perfusion » (irrigation systématique, fertilisation régulière, traitements préventifs) reste dépendant toute sa vie.
En pratique à la pépinière :
Mes arbres ne reçoivent aucune irrigation après leur première année en pépinière. Ils apprennent à gérer les étés secs, à chercher l’eau là où elle se trouve. Cette « école de la rusticité » les prépare à affronter votre verger sans soutien permanent. Ils portent en eux cette résilience que je cultive depuis le début.
Un verger vivant et résilient
Un verger planté avec des arbres en racines nues, dans une logique agroécologique, devient un écosystème complet. Les arbres structurent l’espace, les haies protègent, l’enherbement nourrit le sol, les auxiliaires régulent les ravageurs.
Principes pour un verger durable :
- Pas de sol nu : enherbement permanent ou paillage
- Biodiversité fonctionnelle : haies, bandes fleuries, nichoirs, points d’eau
- Fertilisation minimale : compost de ferme occasionnel, légumineuses fixatrices d’azote
- Traitements limités : observation, prévention, intervention ciblée uniquement si nécessaire
- Taille raisonnée : laisser l’arbre exprimer sa forme naturelle, intervenir pour la lumière et l’aération
Ce modèle fonctionne sur le long terme : 20, 30, 50 ans de production sans épuisement du sol, sans dépendance aux intrants. C’est ce que je défends dans ma pépinière et ce que je vous encourage à créer chez vous.
Conclusion : des arbres qui durent, des vergers qui vivent
Les arbres fruitiers en racines nues ne sont pas une mode ou un retour nostalgique au passé. Ils représentent la méthode la plus cohérente pour créer un verger durable, résilient et productif sur plusieurs générations.
Leur système racinaire naturel, leur rusticité acquise en pépinière, leur capacité à reprendre vigoureusement quand ils sont plantés au bon moment : tous ces atouts font des arbres en racines nues le premier choix pour qui veut un verger qui dure.
Cette page vous a donné une vision d’ensemble : avantages comparés, mécanismes de reprise, gestes essentiels, accompagnement de la première année. Pour approfondir chaque aspect technique, je vous invite à consulter les articles détaillés :
- Racines nues ou en pots : quel choix pour votre verger ?
- Pourquoi choisir les racines nues (lien à ajouter)
- Arrosage et implantation des arbres fruitiers
- Mauvaise pousse d’un fruitier : diagnostic et solutions
Si vous êtes prêt à planter, retrouvez sur ma boutique d’arbres fruitiers en racines nues une sélection de variétés rustiques cultivées en agroécologie : fruits à noyaux, fruits à pépins et petits fruits.
Planter un arbre en racines nues, c’est parier sur le long terme. C’est choisir la qualité, la résilience et l’autonomie. C’est créer un verger qui vous nourrira, qui traversera les décennies, qui s’inscrira dans le paysage pour longtemps.
Un arbre haute tige bien chargé, malgré une année sèche et de l’herbe au pied qui n’est plus un problème a cet age.
Ressources et guides détaillés
Pour approfondir chaque aspect abordé dans cette page pilier :
- Racines nues ou en pots : quel choix pour votre verger ?
- Pourquoi choisir les racines nues (article à venir)
- Arrosage et implantation des arbres fruitiers
- Mauvaise pousse d’un fruitier : diagnostic et solutions
Catégories d’arbres disponibles :
- Fruits à noyaux : cerisiers, pruniers, abricotiers, pêchers
- Fruits à pépins : pommiers, poiriers, cognassiers
- Petits fruits : framboisiers, groseilliers, cassissiers

