A propos de la plantation

Afin de planter votre arbre dans les meilleures conditions, voici quelques conseils pour que votre scion démarre bien.
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Planter un arbre est un acte à la fois simple et chargé de signification, une tradition qui remonte à des siècles et qui nécessite une connaissance approfondie pour réussir. Les réalités du changement climatique nous obligent aujourd’hui à reconsidérer les périodes de plantation. Dans cet article, nous explorerons les meilleures pratiques pour la plantation des arbres, en tenant compte de la période optimale, du type de sol, des menaces comme les rats taupiers, et des techniques cruciales telles que l’habillage, le pralinage, le tuteurage et la fertilisation.

Que vous soyez un jardinier amateur ou un professionnel, ces conseils vous aideront à établir un verger sain et florissant, en harmonie avec l’environnement changeant de notre planète.

Quand planter ?

« À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine ! Et en avril, ne te découvre pas d’un fil… » Ces proverbes traditionnels rappellent des principes de base en jardinage, mais avec le changement climatique, ces périodes peuvent nécessiter ajustements. La fenêtre optimale pour planter des arbres se situe entre la perte des feuilles à l’automne et le début du débourrement au printemps, c’est-à-dire de novembre à fin mars. Cette période permet aux arbres de s’établir avant les rigueurs de l’hiver ou la chaleur de l’été.

D’autres critères sont à prendre en compte :

Habillage et pralinage

Le pralinage est une préparation dans laquelle on trempe les racines de l’arbre avant la plantation. Cela évite que les racines ne soient en contact avec l’air, agissant comme un engrais.

Chacun a sa recette, la plus classique étant un tiers d’eau, de terre et de bouse de vache. On peut également y ajouter du ricin, un répulsif/poison pour les rats taupiers et autres rongeurs, tout en étant un excellent engrais.

Enfin, la plantation

Préparez un trou suffisamment profond et large pour accueillir les racines sans les plier. En général, un diamètre de 50 cm et une profondeur de 40 cm sont adéquats pour un scion (veillez à bien défoncer le fond du trou à la bêche). Assurez-vous que le collet de l’arbre est au niveau du sol, ou que le bourrelet de greffe est bien au-dessus du niveau du sol. Répartissez soigneusement les racines, en évitant qu’elles ne remontent.

Tuteurage et palissage

Le tuteurage est indispensable pour stabiliser l’arbre durant les premières années de croissance, surtout dans des zones exposées à des vents forts. Un tuteur doit être placé du côté des vents dominants et fixé à l’arbre sans trop serrer, pour permettre au tronc de croître sans être entravé.

J’entends souvent que « la nature ne met pas de tuteurs aux arbres », une remarque qui soulève une importante réflexion sur nos interventions dans le processus de croissance des arbres. En effet, dans leur milieu naturel, les arbres ne se déplacent pas et s’adaptent à leur environnement sans aide extérieure. Toutefois, certains arbres servent de pionniers en s’établissant les premiers, créant un microclimat où d’autres espèces peuvent ensuite croître protégées, par exemple des vents.

Néanmoins, lorsque nous plantons un arbre, nous introduisons artificiellement un nouvel élément dans un écosystème qui n’est pas toujours préparé à l’accueillir. Ce contexte diffère grandement de la croissance naturelle où les arbres bénéficient souvent d’un soutien indirect par d’autres végétaux. Ainsi, l’utilisation de tuteurs dans les jeunes années d’un arbre planté peut être essentielle pour assurer son développement vertical et prévenir les déformations qui pourraient compromettre sa structure à long terme. L’assistance que nous apportons par le tuteurage est donc un moyen efficace de garantir une bonne reprise et une croissance saine, en adaptant nos méthodes à un contexte moins naturel mais contrôlé.

Le palissage, utilisé principalement dans les vergers et les vignobles, aide à optimiser l’exposition des plantes à la lumière et à maintenir l’ordre et la structure au sein de cultures plus étendues. Cette technique peut augmenter la productivité et faciliter la récolte.

Une bonne fertilisation

Après la plantation, une bonne fertilisation est cruciale pour un bon démarrage de l’arbre. Au printemps suivant la plantation, appliquez un engrais équilibré riche en azote, phosphore, et potassium pour favoriser une croissance saine des feuilles et des racines. Évitez les fertilisants trop riches en azote tard dans la saison, car cela peut entraîner une croissance excessive des feuilles au détriment des fruits ou de la résistance au gel.

Paillage ?

Encore une fois cela dépend de la situation. En l’absence de rat taupier, Ajoutez un paillis autour de l’arbre pour conserver l’humidité, réduire les mauvaises herbes et protéger les racines du froid. Dans ce cas il faudra être particulièrement vigilant sur l’arrosage, car il est fréquent que la pluie ne traverse pas le paillage.

En présence de rat taupier, le paillage est à proscrire. Ils y trouveraient le gite… et le couvert en consommant toute les racines de votre arbre ! Préférer un binage régulier les premiere année, car les herbes peuvent prendre le dessus sur les racine de votre arbre.

En suivant ces étapes, vous maximisez les chances de succès de la plantation et contribuez à la future santé et productivité de votre arbre fruitier.

En incorporant ces pratiques, vous assurez non seulement un bon démarrage pour vos arbres, mais aussi une croissance vigoureuse et une production fructueuse pour les années à venir. L’attention portée à chaque étape de la plantation à l’entretien précoce est fondamentale pour établir un verger sain et productif.

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